J’ai commencé à voyager il y a 7 ans. Et très vite, j’ai pris de plein fouet ce que personne ne m’avait dit.
Le choc culturel. La culpabilité de vivre loin de mes proches. Les doutes, les remises en question, les pics de tristesse que je n’arrivais pas à expliquer.
J’étais psychologue et expatriée, et pourtant, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.
Alors j’ai fait ce que je sais faire : j’ai enquêté. Sur moi-même. J’ai sorti mes connaissances en psychologie humaniste, en approche interculturelle et en psychodynamique.
J’ai testé des outils concrets. Petit à petit, les choses se sont remises en place. C’est de là qu’est née mon approche de psychologue en ligne pour expatrié.e.s.
Pensée pour les personnes qui vivent à l’étranger et qui se sentent mal sans vraiment comprendre pourquoi.
Si tu es dans un autre pays, que tu te sens perdu·e et que tes émotions partent dans tous les sens, cet article est pour toi.
Je t’explique comment je travaille, ce que l’accompagnement interculturel change concrètement, et pourquoi cette approche fait une vraie différence.
Sommaire :
I. Vivre à l’étranger, ça use : ce que traversent vraiment les expatriés
II. Accompagnement psy en ligne pour expatriés : pourquoi l’approche change tout
Temps de lecture : 15 min
I. Vivre à l’étranger ça use : ce que traversent vraiment les expatriés
Non, la vie à l’étranger ne se résume pas uniquement à des décors de carte postale et des plages de sable fin.
Il y a énormément de challenges et de changements auxquels on doit faire face. Automatiquement, cela a un impact sur notre psyché et notre identité.
A) Le choc culturel, bien plus qu’un simple dépaysement
On entend beaucoup parler du choc culturel.
La plupart du temps, la seule chose que l’on va dire sur le sujet, c’est que c’est un bouleversement émotionnel qui survient lors d’un contact avec une culture qui est différente de la nôtre.
Du coup, on a l’impression que c’est un phénomène violent, qui nous tombe dessus, et que l’on remarque directement. C’est faux.
Au contraire, je trouve que le choc culturel se fait plus souvent de manière insidieuse.
Ça peut commencer par des petites frustrations : des rues trop bruyantes, ne pas trouver le produit dont on a l’habitude, ne pas réussir à correctement s’exprimer…
Puis, les interactions avec les autres commencent à être difficiles. On s’interroge sur la « bonne manière » d’agir.
On rejoue sans cesse dans notre tête les discussions qu’on a pu avoir. On a peur de montrer qui on est réellement, ce qui nous amène à lisser notre personnalité…
C’est là que le doute va commencer ; que l’on remet tout en question. Pourquoi ?
Parce que le choc culturel, ce n’est pas uniquement de voir les différences entre notre culture d’origine et la culture étrangère.
C’est aussi prendre conscience des comportements et de la manière de penser que notre environnement nous a inculqués depuis l’enfance.
Soudainement, des habitudes ou des remarques qui nous paraissaient insignifiantes nous font douter : est-ce que c’est normal de penser comme ça ? Mon comportement devrait-il être amélioré ? Qui a raison ?
Ça a été mon cas lorsque je suis arrivée en Hexagone, après être née et avoir grandi à la Réunion. Comme je parle français, je pensais innocemment que rien ne changerait d’un endroit à un autre. Je me trompais complètement.
Après quelques mois, je me suis mise à questionner ma personnalité entière, mais ça, je t’en parle plus en détails dans cet article.
Le choc culturel, c’est devoir se questionner sur qui l’on est en tant qu’individu. C’est perturbant, c’est pesant, et cela peut nous amener à avoir des pensées anxieuses et dépressives.
Pourtant, aussi inconfortable soit-il, le choc culturel est une étape incontournable. On ne peut pas faire l’impasse dessus, on peut juste apprendre à le traverser autrement.
B) Appartenance et perte de repères
La remise en question enclenchée par le choc culturel touche quelque chose de très profond : notre identité.
Commencer une nouvelle vie à l’étranger, c’est devoir repartir à zéro dans un endroit qui nous est entièrement inconnu.
Pas de lieux repères, ni de routine, et encore moins de groupes de personnes vers qui se tourner (en tout cas au tout début). Qu’est-ce qui est difficile à vivre dans cette solitude forcée ?
Le fait de ne pas se sentir appartenir à quelque chose, de ne pas savoir qui peut nous donner du soutien.
Selon le psychologue Henri Tajfel, l’être humain a tendance à naturellement classer les gens dans des catégories.
Cela donne généralement une catégorie « moi et les personnes comme moi », et une autre catégorie « les autres ». C’est ce qu’il nomme la catégorisation sociale.
Le problème, c’est que quand on s’expatrie, on se retrouve entre deux mondes : on n’est plus totalement de « là-bas », mais pas encore entièrement « d’ici ».
Notre cerveau perd alors ses repères de classification et on se retrouve perdu.e, en pleine confusion identitaire.
D’après lui, on construit une partie de notre identité, l’identité sociale, à travers les groupes auxquels on appartient.
Comment réussir à se construire cette partie lorsque l’on arrive dans un nouvel environnement où notre groupe est au départ inexistant ? Ça déstabilise, ça fait peur, et cela crée un manque.
Après tout, comme nous l’a montré la pyramide de Maslow, le sentiment d’appartenance est un de nos besoins fondamentaux.
Sans cela, on perd une protection, un soutien qui nous est nécessaire pour évoluer dans le monde. Encore plus lorsque l’on est confronté à l’inconnu.
C’est ce qui se passe dans le cerveau d’une personne qui déménage à l’étranger. Elle se retrouve isolée et confuse au niveau de son identité même.
Ce mal-être peut amener du stress, des insomnies et une baisse de la confiance en soi.
Cette confusion, aussi déstabilisante soit-elle, n’est pas une fatalité. C’est souvent le point de départ d’une véritable reconstruction.
II. Accompagnement psy en ligne pour expatriés : pourquoi l’approche change tout
J’ai été diplômé d’un Master 2 en Psychopathologie de l’adulte à l’École de Psychologues Praticiens de Lyon.
Le point fort de cette formation est son approche intégrative : le fait de voir plusieurs disciplines de la psychologie et de découvrir des outils différents.
C’est en partant de cette formation que j’ai décidé de mêler plusieurs approches pour pouvoir accompagner au mieux les expatrié.es et les nomades.
A) Ce que l’approche humaniste change dans le suivi psychologique
Cela fait 4 ans que j’accompagne des expatrié.es, des voyageur.ses et des personnes nomades afin qu’ils/elles puissent se sentir épanoui.es et à leur place à l’étranger.
Dans ma pratique, et mon expérience personnelle de nomade, j’ai pu prendre conscience de trois problèmes principaux qui reviennent inlassablement :
- Une difficulté à se sentir légitime : dans les décisions, dans l’expression des émotions, dans les relations interpersonnelles, car vivre dans un autre pays, c’est censé être une vie paradisiaque où tous nos problèmes s’envolent.
- L’impression d’être incompris en permanence : les personnes qui vivent à l’étranger parlent peu (ou pas du tout) des difficultés du quotidien car ils ne se sentent pas écoutés par leurs proches et ont peur qu’on leur dise de rentrer.
- Le fait de se sentir impuissant face à ce qui se passe : le bouleversement du déménagement amène de nombreuses questions sans réponses. Sans préparation, on ne sait pas à quel point cela peut impacter notre mental, ni comment s’en sortir par la suite.
Dans mon approche, je m’appuie sur la psychologie humaniste, notamment les piliers fondamentaux de Carl Rogers pour répondre précisément à ces trois grandes difficultés.
Selon ce psychologue humaniste, nous avons tous en nous les ressources nécessaires pour évoluer.
Le rôle du psychologue en ligne ou du thérapeute est de créer les conditions pour aider à libérer ses ressources.
Le 1ᵉʳ pilier est celui de l’empathie. Lors des séances, je pratique une écoute profonde et active des récits de chacun.e.
Je vais prendre en compte ton point de vue, entrer dans ton « monde intérieur » tout en gardant en tête ma propre expérience.
Je suis en voyage depuis 7 ans. La plupart des émotions, doutes, questionnements que tu as traversés, je l’ai vécus aussi. C’est ce qui me permet de réellement te comprendre.
Le 2ᵉ pilier est celui de la congruence, c’est-à-dire ma capacité à être authentique dans nos échanges. Je ne vais pas rester de marbre face à ce que tu dis, ni te laisser parler sans réagir.
Si quelque chose me questionne, je t’en parlerai. Si parler de ma propre expérience est pertinent, je la partagerai. Je me base aussi sur ce que j’ai pu vivre à l’étranger pour t’accompagner au mieux.
Le 3ᵉ pilier est celui du regard positif inconditionnel. Cela veut dire que, dans ma pratique, je t’accepte telle que tu es, sans condition et sans jugement, avec tes côtés les plus sombres et tes contradictions.
Je sais que s’expatrier, c’est devoir faire un grand nombre de compromis. C’est aussi faire souvent face à des pensées contradictoires comme : « Ma famille me manque, mais j’adore l’endroit où je vis actuellement. »
Nos émotions aussi peuvent se contredire. Dans la même journée, on peut se retrouver à pleurer à chaudes larmes le matin, puis être incroyablement joyeux.se l’après-midi.
J’accueille tout ça en séance. Le but est que tu puisses avoir un espace pour t’exprimer librement, sans retenue.
Après tout, c’est par la parole que l’on peut commencer à changer des maux en mots.
Cependant, la parole seule ne suffit pas toujours. Encore faut-il qu’elle soit entendue dans le bon contexte : celui de ta culture, de ton histoire, de là d’où tu viens. »
B) L’interculturel : partir d’où tu viens pour comprendre où tu en es
Je suis convaincue que notre culture d’origine a un impact important sur notre construction identitaire et notre vision du monde. Le psychologue et sociologue Geert Hofstede parle, en ce sens, de programmation mentale collective.
Pour lui, la culture est comme un logiciel mental. Dès notre enfance, nous sommes inconsciemment « programmés » par notre entourage via des croyances, des valeurs et des comportements.
Comme nous baignons dedans, et sommes entourés de personnes qui partagent cette vision, tout cela nous semble naturel et universel.
Concrètement, ce logiciel est invisible tant qu’il n’est pas confronté à un logiciel différent, et dans notre cas, à une autre culture.
Comme exemple concret, dans ma culture réunionnaise, on se tutoie tous. C’est normal, et c’est ce qui nous vient en premier lorsque l’on rencontre quelqu’un.
En hexagone, tutoyer une personne que l’on ne connait pas, ou une personne qui a un « rang » au-dessus de nous, est vu comme de l’impolitesse.
Cela, je m’en suis rendue compte uniquement en arrivant dans ce nouvel endroit. Pas avant.
C’est pour cela qu’il est primordial pour moi que l’on parle de tes origines : de ta culture, de la manière dont tu as été élevé.e.
Ces éléments sont importants pour que je puisse mieux comprendre ce qui te perturbe à l’étranger et pourquoi.
Comme je te le disais plus tôt, s’expatrier, c’est vivre entre deux mondes. Stuart Hall décrit ce phénomène comme étant une identité culturelle hybride. Pour lui, cet entre-deux ne veut pas dire que l’on doit choisir entre l’un ou l’autre.
Au contraire, en immigrant dans un autre pays, on construit une identité unique qui va mélanger deux cultures : celle d’origine et celle d’accueil.
Lorsque l’on est dans le flou, cette double identité crée une véritable déchirure mentale. Généralement, cela montre que l’on refuse le mélange, qu’on préfère rester fidèle à l’une ou à l’autre.
Cependant, c’est en acceptant la coexistence de chacune que l’on peut en faire une force et que l’identité hybride devient une richesse.
La confusion identitaire que tu ressens à l’étranger est normale. Ce n’est pas une impasse en soi, mais plutôt le début d’une transformation vers quelque chose de plus riche.
Mon rôle est de prendre en compte ces deux aspects de toi en construction et de t’aider à en faire un tout unifié.
Ta culture t’a programmé, mais il y a quelque chose qui remonte encore plus loin que ça : ton histoire personnelle, celle qui a commencé bien avant ton expatriation.
C) La psychodynamique : l’importance de l’enfance dans notre vision du monde
Savais-tu que les expériences de vie que nous avons dans notre enfance vont souvent impacter notre vie d’adulte ?
Selon le psychologue Jeffrey Young, nous développons des croyances inconscientes et profondes sur nous-même dès l’enfance.
Il parle particulièrement de schémas qui se forment en réponse à des besoins émotionnels qui n’auraient pas été satisfaits lorsque nous étions enfants.
Par exemple, une personne ayant grandi avec des parents peu disponibles émotionnellement peut avoir développé une croyance de type « je ne suis pas assez bien pour être aimé ».
La personne concernée va donc grandir avec le prisme de cette pensée. Pour ce genre de personne, créer des liens avec de nouveaux individus sera beaucoup plus challengeant à l’étranger.
En habitant dans un endroit inconnu, on se retrouve avec une vulnérabilité accrue, ce qui est le terrain parfait pour réactiver des schémas qui dormaient jusque-là.
C’est pourquoi il est très important pour moi de connaitre ton enfance : ce qui a pu te marquer, la manière dont tes parents t’ont élevé, les moments difficiles que tu as dû traverser.
En plus de cette généralité, je fais particulièrement attention au type d’attachement que tu as pu développer.
Selon Bowlby, il peut y avoir 3 styles d’attachement différents :
- L’attachement sécure : relatif à des personnes qui sont à l’aise dans les relations et peuvent exprimer leurs besoins sans peur d’être abandonnées ou étouffées.
- L’attachement anxieux : qui concerne les individus qui ont tendance à surinvestir leurs relations et à chercher constamment de la réassurance. Ils ont aussi tendance à avoir du mal à faire confiance.
- L’attachement évitant : où la personne concernée a beaucoup de mal à exprimer ses émotions et ses besoins car elle valorise son indépendance, souvent au détriment de ses proches.
Ton type d’attachement va beaucoup influer sur la manière dont tu te comporteras avec tes proches et les nouvelles personnes que tu peux rencontrer dans ton pays d’accueil :
- Une personne évitante va minimiser ses difficultés et s’isoler plutôt que demander de l’aide.
- Une personne anxieuse va être submergée par une peur de l’abandon, ce qui peut l’amener à s’accrocher à de nouvelles relations trop vite et à souffrir de la distance.
- Une personne sécure traversera les difficultés avec plus de résilience et cherchera naturellement du soutien autour d’elle sans se sentir coupable.
Mon rôle de psychologue est de pouvoir mettre en lumière ton type d’attachement.
S’il s’avère que tu as un style plutôt évitant ou anxieux, on travaillera ensemble pour t’aider à sortir de ces schémas de pensées pour atteindre un style plus sécure.
Pourquoi je combine ces 3 approches ?
L’être humain est complexe, fait de multiples facettes. Aucune approche seule ne peut en rendre compte entièrement.
Ma formation a toujours été intégrative ; c’est ce qu’on m’a appris, et c’est ce en quoi je crois profondément.
Pour t’accompagner au mieux, j’ai besoin de te prendre dans ta globalité : qui tu es, d’où tu viens, ce que tu portes. C’est ça, ma vision de la psychologie.
C’est en combinant ces trois regards : sur qui tu es, d’où tu viens et ce que tu portes depuis l’enfance, que l’accompagnement prend tout son sens.
CONCLUSION
Quand je repense à mes premières années à l’étranger, je me souviens surtout de ce sentiment étrange et frustrant : celui de ne pas vraiment savoir à qui parler de tout ça.
Pas parce que les gens n’étaient pas là, mais parce que je ne me sentais pas légitime dans ce que je vivais.
Si tu te reconnais dans ces mots, sache que ce que tu traverses est réel. Le choc culturel, la confusion identitaire, les blessures qui remontent à la surface, tout ça a du sens.
Cela peut sembler beaucoup lorsque l’on en prend conscience, mais sache qu’il est possible de surmonter chacune de ces difficultés.
Mon approche humaniste, interculturelle et psychodynamique est pensée pour des personnes comme toi.
Des personnes qui vivent entre deux mondes, qui portent des choses complexes et qui ont besoin d’un espace où tout peut être dit, sans jugement.
Tu n’as pas à attendre d’aller mieux tout.e seul.e. Je peux t’accompagner pour t’aider à t’en sortir. Si tu penses en avoir besoin, alors tu peux réserver une 1ère consultation en cliquant sur ce lien.

Gwenaël THING-LÉOH
Psychologue nomade - Psychothérapeute
Je suis spécialisée dans l’accompagnement des personnes qui vivent à l’étranger, que ce soit sur du court ou sur du long terme.
Mon approche ?
Une psychologie interculturelle et humaniste. Je suis convaincue que chacun·e porte en soi les ressources pour avancer, même dans les tempêtes.
Mon rôle est de te guider pour que tu (re)trouves ton cap.
Le but est de t’aider à (re)découvrir tout ce qui est déjà là, en toi, pour t’aider à t’épanouir, peu importe où tu te trouves dans le monde !
Je propose des séances d’une heure exclusivement en ligne.



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