Mal-être en voyage : 3 causes psychologiques et comment s’en sortir

Gestion des émotions
8.05.2025

Si tu es ici, c’est que tu te poses sûrement la question. À cause des réseaux sociaux, on a bien souvent une vision erronée du voyage et de l’expatriation. On pense généralement aux avantages et a cette fameuse « vie de rêve » qui semble si facile à créer à l’étranger.

La réalité est tout autre. N’ayant pas anticipé de difficultés, le moindre sentiment négatif nous déstabilise. Qu’est-ce qui est responsable de ce mal-être ressentit dans un nouveau pays ? Que peut-on faire pour le dépasser ? C’est ce que l’on va voir dans cet article.

Sommaire

I. Pourquoi je me sens mal en voyage ?
II. Comment surmonter le mal-être en voyage ?

Temps de lecture : 9 min

I. Pourquoi je me sens mal en voyage

Petit rappel : la vie dans un autre pays n’est pas si différente que celle de notre pays natal. De ce fait, il est tout à fait normal d’avoir des coups de mou dans notre expérience d’expatriation. Cela dit, les raisons de notre baisse de morale peuvent spécifiquement être liées à des problématiques du voyage.

A. Le choc culturel, 1ʳᵉ difficulté à l’étranger

Toute personne arrivant dans un pays différent va passer par diverses phases avant de réussir à s’adapter à son nouvel environnement.

L’une d’entre elles est celle de la confrontation dont l’élément déclencheur est le choc culturel. C’est l’anthropologue Oberg, qui a théorisé ce concept dès 1960.

Il le décrit comme une perte des repères inconscients qui nous permettent de naviguer dans le monde.

À l’étranger, ces repères disparaissent et c’est déstabilisant, même quand on l’a choisi ; d’où la difficulté de se sentir intégré.e et à sa place au début de la vie dans notre nouveau pays d’accueil.

Tu veux en savoir plus sur ces différentes phases ? Fais donc un tour sur cet article !

choc culturel pays étranger

Lors de cette période de « confrontation », nous prenons conscience de la différence entre notre culture natale et celle du pays de destination.

Cette dissonance crée un choc interne dont il peut être difficile de sortir.

Cette phase de l’adaptation à l’étranger nous met directement face à l’expérience de la différence.

Se rendre compte des comportements dictés par notre culture d’origine, c’est réaliser l’écart de pensée entre nous et les locaux.

Face à cela, il n’est pas rare de ressentir de la solitude. C’est comme si on se mettait dans une position de nous contre le monde.

L’humain est un être social dont l’un des besoins fondamentaux est celui d’appartenance. Se retrouver à l’écart d’un groupe, c’est (inconsciemment) se mettre dans une position de vulnérabilité. On perd une part de soutien qui est rassurant pour nous.

Cette réalisation met mal à l’aise. On peut facilement se retrouver submergés de pensées autocritiques : « Je ne suis pas assez », « Et si on me trouvait bizarre ? ». Doutes et remords emplissent notre esprit entrainant ainsi une baisse de moral.

B) La fatigue mentale peut causer du mal en voyage

Déménager d’un lieu a un autre est vraiment taxant à la fois physiquement ET mentalement. On a tendance à plutôt se focaliser sur la fatigue physique. On se convainc donc qu’il nous suffit de dormir un peu plus pour aller mieux.

Par contre, comment est-il possible de toujours ressentir de la fatigue, même après une nuit complète de sommeil ? C’est à ce moment-là que l’on parle de la fatigue mentale ou de burn-out.

À l’arrivée dans un nouveau pays, il est souvent dû au stress qui vient avec toute l’organisation du déménagement.

Ce phénomène ne se crée pas du jour au lendemain. Il a tendance à doucement prendre de la place dans notre vie quotidienne à notre insu.

On se sent de plus en plus irritable. On a du mal à garder des petits détails en mémoire. On sent un poids sur nos épaules et on a perpétuellement l’impression de ne pas en faire assez

Ces symptômes montrent que l’on a épuisé toute notre énergie. Ce sont des signes envoyés par notre corps pour que l’on se repose. Malheureusement, on a tendance à les ignorer et on tire sur la corde.

fatigue mentale en voyage

Les psychologues Lazarus et Folkman ont montré que le stress ne vient pas de la situation elle-même, mais de l’écart entre ce qu’on nous demande de faire et les ressources qu’on pense avoir pour y faire face.

C’est exactement la problématique que l’on peut rencontrer à l’arrivée dans un nouveau pays.

En temps normal, une part de notre énergie est utilisée afin de maintenir ce qu’on appelle les mécanismes de défense. Ces derniers nous aident à bloquer des pensées négatives et parfois irrationnelles que l’on peut avoir chaque jour.

En cas de fatigue mentale, nous ne possédons plus l’énergie nécessaire pour bloquer ces pensées difficiles. La moindre contrariété prend alors beaucoup plus d’ampleur. Nos vieux démons nous reviennent à l’esprit et notre moral en prend un coup.

On se retrouve vite submergés par ces pensées, car on va avoir pour réflexe de se focaliser dessus.

Fatigue mentale ⇒ baisse d’énergie ⇒ plus de mécanismes de défenses ⇒ augmentation des pensées négatives ⇒ baisse de moral.

C) Les bagages émotionnels non résolus

Un des mythes de l’expatrié ou du voyageur est le fameux : « Je prends l’avion pour que mes soucis restent derrière moi. »

SPOILER ALERT : C’est faux ! Sur le court terme, on va avoir cette illusion-là, car on a l’esprit occupé par des nouvelles expériences. En réalité, ces difficultés sont recalées dans un coin de notre tête. Elles attendent sagement le moment idéal pour revenir à l’assaut.

Oui, un changement de décor fait du bien. Cela apporte une grande aide de s’éloigner physiquement de ce qui nous tracasse. Grâce à cela, on peut avoir l’espace nécessaire pour regarder les choses d’une manière plus rationnelle et détachée.

émotions mal en voyage

Cependant, beaucoup d’entre nous vont avoir le réflexe de repousser leurs soucis encore et encore pour ne pas s’y confronter.

À force, cela crée une tension interne dont on se rend rarement compte.

Contrairement à ce que la majorité collective peut penser, ce n’est pas parce que l’on ne pense plus au problème qu’il va disparaitre. En réalité, il est simplement déposé dans notre inconscient et va s’alourdir de plus en plus.

Sur ce sujet, le psychiatre Bessel van der Kolk a montré que les émotions non résolues ne disparaissent pas. Au contraire, elles se logent dans le corps et attendent leur moment pour ressurgir.

Le voyage, en nous sortant de notre zone de confort, crée exactement ce terrain-là.

Chaque fois que le problème de notre « vie d’avant » nous revient à la figure, c’est un coup dur.

À force d’y être confronté à répétition, on a l’impression de ne pas avancer. On est déçu de nous-mêmes et cela touche directement notre joie de vivre.

C’est là qu’un sentiment de mal-être apparait avec une possible perte de confiance en soi. On va également avoir tendance à tout voir en noir, en particulier le futur.

II. Comment surmonter le mal-être en voyage ?

Mettons-nous d’accord : les émotions difficiles que l’on peut ressentir nous sont utiles. Elles ne devraient pas être repoussées, mais plutôt acceptées. Si tu te sens mal en voyage en ce moment, les émotions que tu ressens sont certainement là pour une raison.

D’ailleurs, je t’en dis plus sur le rôle de nos émotions dans cet article si ça t’intéresse !

Pour autant, si cette situation dure longtemps et/ou est trop dure à supporter, il y a certaines choses que tu peux mettre en place pour t’aider.

A) Exprimer ses émotions pour ne pas être mal en voyage

À l’étranger, on a une foule d’informations qui attaque notre esprit en permanence. Nos émotions font les montagnes russes et on va repousser celles qui sont difficiles de peur de ne pas profiter du moment.

Garder ses émotions pour soi ne fera que les alimenter. Elles prendront alors de plus en plus de place jusqu’à l’implosion. C’est là qu’on aura un coup de colère, ou un déferlement de tristesse soudain.

Je te propose ici 3 outils qui peuvent t’aider :

 

  • La poubelle de pensées : écris pêle-mêle toutes les émotions qui te traversent. Pas de suite logique nécessaire, ni de mots précis. Ensuite, déchire / brûle la feuille si tu ne veux pas la relire. Le but est de faire sortir de ta tête les pensées qui te pèsent.
  • La balade libératrice : Si possible, va dans un coin de nature avec peu de personnes autour et dis tes pensées à voix haute. N’hésite pas à crier si tu en ressens le besoin ! Mettre ton corps en mouvement aide à sortir des ruminations mentales.
  • Le tableau des peurs : Remplis le tableau ci-dessous. Ici, l’objectif est d’éclaircir dans ton esprit les pensées qui te tracassent. De plus, y mettre un côté logique va te permettre de t’en distancer.
tableau des peurs

B) Se reconnecter au présent pour s’apaiser mentalement

Cela parait simple dit comme ça. Malheureusement, en voyage, on va souvent se projeter dans le futur pour prévoir des activités et on va penser au passé, parfois avec nostalgie et regret. On en oublie de se concentrer sur ce qui se passe à l’instant T.

C’est de là que vient cette impression que tout va trop vite. Au final, on ne prend pas assez le temps de vivre ce qui se passe et on enchaine pour ne rien rater. Sur le long terme, c’est fatiguant. On peut également avoir une impression d’irréalité et de déconnexion avec le dehors.

Voilà 3 outils que je propose souvent dans mes accompagnements pour éviter ce phénomène :

  • Le balayage corporel : Installe-toi confortablement (assis ou allongé). Scanne ton corps des pieds à la tête. Porte attention aux picotements, a des tensions, a la température de ton corps… Cela va t’aider à être plus en lien avec ton ressenti corporel.
  • La respiration carrée : Inspire pendant 4 secondes, puis retiens ta respiration 4 secondes. Après ça, expire durant 4 secondes et retient de nouveau 4 secondes. Fais cet exo durant 4 minutes pour détendre ton corps et ton cerveau !
  • La carte S.I.M : Qu’est-ce que tu ressens au niveau corporel (Sensation) ? Quelles pensées te traversent l’esprit (Intelligence) ? Qu’est-ce que tu peux percevoir avec tes 5 sens (Monde) ? Donne 3 réponses pour chaque question.

C) Consulter un professionnel si le mal en voyage persiste

Les outils que je viens de te partager sont un premier pas.

Cependant, il y a une chose que j’entends souvent en séance : « Je ne pensais pas que c’était si difficile, et je n’osais pas en parler. »

Et je comprends totalement. Quand on est à l’étranger, on a souvent l’impression qu’on n’a pas le droit de se plaindre.

Après tout, on a choisi de partir, non ? On a de la « chance ». Alors on garde tout pour soi, on fait bonne figure, et le mal-être grossit en silence.

De manière générale, je t’invite à ne jamais combattre un mal-être en étant isolé. Faire tout seul n’est pas nécessairement une force. Au contraire, la véritable puissance vient du fait de reconnaître qu’on a besoin d’aide et de la demander.

Dans un premier temps, lorsque tu ressens un mal en voyage, parle-en à tes proches. Si tu as peur de ne pas être pleinement compris, alors ouvre-toi aux autres voyageurs et expatriés.

Sache que l’on a tous vécu un (ou plusieurs) moment de mal-être en voyage. Tu n’es pas l’unique personne à faire cette expérience.

T’ouvrir là-dessus va t’aider pour te sortir de l’isolement et de l’impression que rien ne peut être mis en place pour changer ta situation.

soutien mal en voyage

Si tu as peur de ne pas être pleinement compris.e, ouvre-toi aux autres voyageurs.es et expatrié.es.

Il existe des groupes Facebook, des communautés en ligne, des rencontres d’anciens expats dans beaucoup de villes. Des endroits où les gens comprennent vraiment ce que tu vis parce qu’ils l’ont vécu aussi.

Si tu en ressens le besoin, il peut être utile de consulter un.e psychologue sur ce qui se passe en toi en ce moment.

Pas de jugement ici. Tu arrives comme tu es, avec tout ce que tu portes : les doutes, la fatigue, les contradictions.

Vivant moi-même à l’étranger depuis 7 ans, je connais de l’intérieur les problématiques qui peuvent nous toucher. Ce n’est pas juste de la théorie, c’est du vécu.

Dans mes accompagnements, j’aide concrètement les voyageurs.es et les expatrié.es à travailler sur :

  • La gestion du stress : des outils pratiques pour calmer ton mental quand tout s’emballe
  • Le choc culturel : comprendre ce qui se passe en toi pour mieux le traverser
  • La solitude : recréer du lien avec toi-même et avec les autres, où que tu sois.

Ce travail se fait à ton rythme, en ligne, où que tu sois dans le monde. Pas besoin d’attendre de rentrer ou de trouver un psy dans ta ville d’accueil.

Il est possible de t’en sortir. Tu mérites d’aller mieux. Pas seulement de survivre à ton voyage, mais vraiment d’en profiter.

Tu peux retrouver toutes les informations pratiques sur mon accompagnement en cliquant sur ce lien.

À RETENIR :

Les 3 causes du mal-être en voyage, et ce qu’on peut faire : 

  • Le stress de l’organisation → vider ses pensées sur papier, pratiquer la respiration carrée
  • Le choc culturel → accepter que l’inconfort soit normal, observer avant de juger
  • La solitude → se connecter à une communauté, oser demander de l’aide

    Conclusion

    Se sentir mal en voyage fait partie intégrante de l’expérience. Ces moments de malaise sont souvent des invitations à mieux se connaître, à écouter ses besoins profonds et à développer de nouvelles ressources intérieures.

    Le voyage, avec ses imprévus et ses défis, agit comme un miroir révélateur de nos émotions et de nos schémas de pensée. En prenant le temps de les observer et de les comprendre, on peut transformer ces expériences en opportunités de croissance personnelle.

    Rappelle-toi que chaque voyage est unique, tout comme chaque voyageur. Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » façon de voyager, seulement celle qui te correspond le mieux.

    Les outils partagés dans cet article sont un premier pas. Cependant, si tu sens que le mal-être prend trop de place et que tu n’arrives pas à t’en sortir seul·e, un accompagnement psychologique peut vraiment changer les choses.

    De plus, tu n’as pas à rester enfermé seul dans ton mal-être. Tes proches ou un.e professionnel.le peuvent t’aider à aller mieux !

    Si tu as envie de te lancer avec moi dans une 1ʳᵉ consultation, clique par ici. 

    Gwenaël THING-LÉOH

    Gwenaël THING-LÉOH

    Psychologue nomade - Psychothérapeute

    Je suis spécialisée dans l’accompagnement des personnes qui vivent à l’étranger, que ce soit sur du court ou sur du long terme.

    Mon approche ?

    Une psychologie interculturelle et humaniste. Je suis convaincue que chacun·e porte en soi les ressources pour avancer, même dans les tempêtes.

    Mon rôle est de te guider pour que tu (re)trouves ton cap.

    Le but est de t’aider à (re)découvrir tout ce qui est déjà là, en toi, pour t’aider à t’épanouir, peu importe où tu te trouves dans le monde !

    Je propose des séances d’une heure exclusivement en ligne.

    → En savoir plus sur moi

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