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Choc culturel en métropole : l’expérience inattendue d’une Réunionnaise

Développement personnel
21.08.2025

On pense souvent que le choc culturel ne concerne que ceux qui partent à l’étranger. Mais parfois, changer de région… suffit à bouleverser toute une identité. Voici l’histoire d’une Réunionnaise en métropole.

Sommaire

I. Un rêve d’El Dorado… qui s’est transformé en épreuve
II. Intégration en métropole : un défi identitaire pour les ultra-marins

Temps de lecture : 9 min

I) Un rêve d’El Dorado… qui s’est transformé en épreuve

Née et élevée sur l’île de La Réunion, j’ai grandi dans un cadre où la chaleur, la convivialité et la mixité culturelle étaient une évidence. Pour moi, la métropole représentait l’« El Dorado » : un espace immense, riche de possibilités, de rencontres et de découvertes.

Mais dès mon arrivée, la réalité m’a rattrapée. Je ne m’attendais pas à ce que le simple fait de passer d’un département français à un autre déclenche un véritable choc culturel.

A. Le choc culturel en métropole : une réalité méconnue pour les Réunionnais

J’avais déjà entendu parler du choc culturel. Par contre, pour moi, pour ressentir cela, il fallait aller dans un pays étranger, donc dans un endroit où on ne parlait pas la même langue.

Tu dois commencer à en douter, je me trompais complétement. Passer d’une ile française à la métropole (et vice versa), c’est faire l’expérience d’une expatriation, bien que l’on partage la même langue.

choc culturel métropole froid

Au bout de quelques mois de vie en métropole, certains points ont commencé à me déranger :

  • Les gens me paraissaient froids et renfermés
  • Je n’avais aucun repère : tout était nouveau.
  • Il y a du vocabulaire que j’avais qui me semblait être français, mais qui, en réalité, était du créole.
  • Le climat hivernal me coupait toute énergie

Je n’ai pas ressenti de mal-être d’un coup. Cela s’est fait progressivement.

Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à perdre toute motivation. Sortir de mon lit devenait une corvée. Le monde me semblait gris. Plus rien n’avait de sens. Je dérivais sans but.

Un rien pouvait m’énerver ou me toucher au point que j’en ai les larmes aux yeux. Pour couronner le tout, ma tête était emplie de pensées négatives. Je vivais un réel mal-être identitaire.

Je m’étais tout cela sur la faute du froid, en me disant qu’une fois les beaux jours revenus, cela passerait automatiquement. J’avais l’impression que je devais faire plus d’efforts en permanence.

Cette pression venait d’un sentiment de culpabilité : « Les autres personnes autour de moi n’ont pas ce problème, alors pourquoi moi, je n’y arrive pas ? ». J’oubliais de prendre en compte que mon entourage ne vivait pas de choc culturel, ils étaient déjà adaptés à la métropole.

B. L’adaptation culturelle : 4 étapes importantes

Toute expatriation comporte 4 phases avant de pouvoir s’adapter à son nouveau milieu : l’excitation, la confrontation, l’ajustement et l’acceptation.

À l’époque, je ne le savais pas, mais je nageais en plein dans la phase de confrontation. Si tu souhaites en savoir plus sur ces différentes étapes, je te conseille cet article que j’ai rédigé à ce sujet.

Tu sais comment cette phase se déclenche ? Via le choc culturel !

Cette expérience intense de dépaysement résulte de la confrontation à une culture qui est différente de la nôtre.

Plus l’écart entre les cultures est grand, plus le choc sera important.

Le degré d’information que nous avons sur le pays d’accueil jouera aussi un rôle dans l’impact du choc culturel.

(Pour en savoir plus sur ce phénomène, je te laisse lire cet article.)

globe choc culturel métropole

Les Réunionnais et les Métropolitains partagent la même langue, mais leurs codes culturels divergent. La manière de penser, d’interagir avec les autres et le monde, l’adaptation aux différents climats n’est pas la même.

Dans mon expérience, c’est le froid, le comportement étranger des personnes et l’impression d’être différente en permanence qui m’a créé ce choc culturel inattendu.

Notre identité culturelle est différente, bien que nous soyons tous français.

II) Intégration en métropole : un défi identitaire pour les ultra-marins

Un des besoins fondamentaux de l’être humain est celui d’appartenance à un groupe. Pouvoir être avec d’autres personnes donne un sentiment de sécurité et de soutien.

Cela apporte une grande aide, en particulier lorsqu’un environnement nous parait hostile. Il était donc important pour moi de pouvoir intégrer un groupe d’amis en métropole.

A. Les stratégies d’adaptation pour faire face au choc culturel en métropole

Rapidement, je me suis heurtée à une dure réalité : ma manière d’être – ma joie, ma spontanéité, ma voix un peu trop forte – ne passait pas toujours bien. On me disait que j’étais « différente », parfois même « bizarre ».

Alors, pour ne pas être exclu du groupe, j’ai gommé certains aspects de ma personnalité.

J’ai supprimé ces petites choses qui venaient de ma culture d’origine, au profit de cette nouvelle culture dans laquelle j’avais tant de mal à m’intégrer.

Pour s’intégrer dans une nouvelle culture, on va généralement choisir (inconsciemment) parmi 4 types de stratégies d’adaptation :

Stratégie d'adaptation a l'étranger

  • La séparation : on conserve ses valeurs et traditions culturelles en rejetant la nouvelle culture dans laquelle on se trouve.
  • L’assimilation : on adopte entièrement la culture du pays d’accueil en abandonnant progressivement la nôtre.
  • La marginalisation : on s’éloigne de ses valeurs et de ses coutumes culturelles tout en ne réussissant pas à intégrer la nouvelle culture.
  • L’intégration : on intègre la culture du nouveau pays de résidence, tout en gardant sa culture d’origine.

De mon côté, j’ai plutôt été dans l’assimilation. Pour m’intégrer socialement, j’ai mis ma culture d’origine de côté.

Adopter cette culture m’a permis d’être accepté socialement. Par contre, je ressentais en permanence un vide sans réellement comprendre pourquoi. Malgré mes efforts, le sentiment d’être à part était toujours présent.

Mettre sa culture d’origine de côté, c’est un peu comme couper ses propres racines. Cela enlève un des piliers qui constitue notre identité. 

B. Comment faire face au choc culturel en métropole

Qu’est-ce qui m’a aidé à finalement me sentir mieux ?

Tout d’abord, me reconnecter à mes racines tout en étant en métropole. Pour ce faire, :

  • J’ai commencé à cuisiner des plats typiques de la Réunion
  • Je me suis remis à écouter des chansons en créole
  • Je me suis fait un groupe d’amis contenant exclusivement des personnes venant des îles
  • J’ai investi mon lieu de vie avec des objets qui me rappelaient la Réunion

Ensuite, l’écriture m’a beaucoup aidé. J’ai utilisé cela comme un exutoire pour toutes les pensées négatives que je ressentais.

Plutôt que de garder mes ruminations pour moi, je les ai inscrites sur papier.

Plus j’écrivais, plus je me sentais légère. Parfois, c’était uniquement pour exprimer ma tristesse, d’autres fois pour parler de choses positives qui étaient en train de se passer.

Le but était de ne plus avoir des pensées qui reviennent sans cesse.

Écriture pour apaiser choc culturel en métropole

Enfin, j’ai appris à apprécier certains aspects de la métropole plutôt que d’être dans le rejet. J’ai commencé à voyager dans le pays, à trouver des endroits que je trouvais beaux et apaisants. J’ai pu participer à diverses activités que je ne pouvais pas avoir à la Réunion.

J’ai ouvert mon esprit à ce pays qui me semblait si hostile au départ. Cela a changé ma vision des choses.

La métropole reste un pays où je n’ai pas envie de passer ma vie, mais y habiter me dérange moins. Je ne vois plus ça comme une contrainte, mais comme quelque chose que je peux apprécier pour un temps.

Conclusion

S’expatrier ne signifie pas toujours traverser les frontières d’un pays. Parfois, il suffit de franchir celles d’une région pour ressentir un véritable bouleversement intérieur.

Le choc culturel n’est pas seulement une affaire de langue ou de coutumes étrangères : il touche à l’identité, au sentiment d’appartenance et à la manière dont on se reconnaît dans le regard des autres.

Pour les Réunionnais qui s’installent en métropole, l’expérience peut être aussi riche que douloureuse. Entre perte de repères, quête d’intégration et besoin de rester fidèle à ses racines, ce parcours est avant tout une rencontre avec soi-même.

Finalement, s’adapter ne veut pas dire s’effacer. C’est apprendre à composer entre deux mondes et à trouver l’équilibre qui permet non seulement de survivre… mais de s’épanouir.

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