L’adaptation à l’étranger : guide pratique

Savais-tu que l’adaptation à l’étranger est un processus qui peut s’avérer compliqué ?

Lorsque l’on voit des gens voyager, ou des personnes en expatriation ; notre premier réflexe, très souvent, sera d’avoir des étoiles plein les yeux et de penser à la « chance » qu’ils ont d’être dans un nouveau pays.

On ne se rend pas compte, et surtout, on ne sait pas, que changer d’environnement demande beaucoup de courage et de ténacité pour continuer à le faire. Au contraire, on a une vision très romantisée du voyage : on ne pense qu’aux bons côtés.

Dans cet article, on va donc parler de ce qui se passe réellement lors d’une expatriation. C’est parti pour enlever les tabous !

Sommaire :

I) 1ʳᵉ phase de l’adaptation : La lune de miel
II) 2ᵉ phase de l’adaptation : La confrontation
III) 3ᵉ et 4ᵉ phase de l’adaptation : L’ajustement et l’acceptation

Temps de lecture : 10 min

I) 1ʳᵉ phase de l’adaptation : La lune de miel


Commençons donc par le début. Ça y est, tu te retrouves dans le pays que tu voulais. Tu as un océan de nouveauté qui s’ouvre à toi. Quel est ton état d’esprit à ce moment-là ?

A. La beauté du commencement : le voyage, c’est formidable !

Femme qui voyage solo

Généralement, on va arriver avec des étoiles pleins les yeux et des rêves pleins la tête.

On a une foule de choses que l’on veut accomplir : monuments à visiter, nourriture à découvrir, nouvelles rencontres à faire…

On ressentira un sentiment d’euphorie et de forte curiosité face à la nouveauté.

Cette 1ʳᵉ étape s’appelle la phase de lune de miel. C’est le moment où tout nous semble merveilleux et excitant.

On se trouve dans une sorte d’illusion de beauté.

Cette phase d’euphorie, j’ai pu la vivre lorsque je suis arrivée pour la première fois au Japon. Je réalisais un rêve d’enfant. J’avais du mal à me rendre compte que j’étais réellement dans ce pays. Je voulais tout goûter, voir, découvrir.

À ce moment-là, je n’avais pas pris conscience de ce que j’avais amené comme bagages avec moi. Très peu de personnes le voient au départ, et pourtant, il y a quelque chose d’important que nous trimballons avec nous depuis la France jusqu’au nouveau pays.

Dans un coin de notre esprit, un certain nombre d’attentes se cachent et attendent leur tour. Ces dernières sont créées par nos envies personnelles, mais également les normes sociales véhiculées notamment via les réseaux sociaux.

Tu as un doute sur ce dont je parle ? Je pense ici aux injonctions telles que :

  • Je dois faire un maximum de visites.
  • C’est obligatoire que je me fasse beaucoup d’amis.
  • Je dois avoir des choses incroyables à raconter tous les jours vu que j’habite à l’étranger.
  • Si je suis à l’étranger, c’est pour découvrir des choses, donc je ne peux pas juste rester dans mon lit.

Au début, elles ne prennent pas beaucoup de place. Peut-être même que tu ne t’en rends pas compte. Pourtant, elles sont bien présentes dans un coin de ton esprit. C’est souvent lorsqu’elles vont prendre de l’ampleur que tu vas alors basculer dans la 2ᵉ phase de l’adaptation.

B. L’exception à la règle

Attention, il convient d’ajouter une exception. La phase de lune de miel va habituellement être vécue par des personnes qui ont eu le choix sur leur destination.

Dans certains cas, cette décision est forcée : fuite (car pays trop dangereux), accompagnement du conjoint, problèmes financiers…

Pour ces personnes-là, la première phase n’a pas forcément lieu et ils arrivent dans ce pays avec des à priori ou des pensées négatives. La phase de lune de miel n’est donc pas présente.

De plus, certaines personnes vont arriver dans ce nouveau pays avec un taux de stress élevé. Lorsque c’est le cas, il est aussi difficile de penser aux aspects positifs du voyage.

Au contraire, on va se focaliser sur les choses qui n’ont pas fonctionné et les contraintes que l’on peut avoir.

Si, en arrivant à l’étranger, tu ne ressens pas ce moment d’euphorie, rassure-toi. Tu n’es pas bizarre. Chaque personne aura une expérience différente. Par contre, il sera intéressant pour toi de faire le point sur les émotions que tu ressens.

Qu’est-ce qui te dérange actuellement ? Pourquoi n’arrives-tu pas à profiter du moment présent ? Prends un temps pour toi, pour comprendre les besoins que tu as actuellement. C’est ok de ne pas adorer ta vie d’expatrié tout de suite.

Cela peut prendre du temps. Tu n’as pas à aller plus vite que la musique. Fais en fonction de toi-même, et non de ce que les autres vont penser.


Dans le cas où ton stress serait trop présent, ne désespère pas ! J’ai un petit cadeau pour toi.

En t’inscrivant sur le formulaire à droite, tu recevras un PDF avec des outils pratiques pour t’aider à moduler cette émotion.

Ce sont des exercices que j’ai moi-même pu utiliser pendant mes voyages. J’espère qu’ils pourront t’aider !



II) 2ᵉ phase de l’adaptation : La confrontation


Au bout d’un moment, la personne qui voyage va faire face à un événement / un comportement / un lieu qui va bouleverser son état d’esprit. On parle alors de choc culturel : une expérience intense de dépaysement que l’on peut ressentir en se confrontant à une culture différente de la nôtre.

L’ampleur de ce choc culturel et son incidence dépendent du degré de préparation de la personne face à la culture qu’elle découvre.

Des personnes ne s’attendant à rien, vont éprouver un fort choc culturel dont il sera parfois difficile de sortir au vu de son imprévisibilité. En connaissance de cause, ce choc peut être présent, mais moins impactant.

A. Choc et réalisation : qu’est-ce que je fais ici ?

Le choc culturel enclenche la 2ème phase de l’adaptation que l’on nomme : la confrontation. Ici, l’individu va prendre conscience de sa différence comparée au pays dans lequel il se trouve.

Cela peut amener de la désorientation ainsi qu’un sentiment de rejet et d’isolement.

C’est à ce moment-là que l’on commence à remettre les choses en question : nos choix, nos comportements, notre vision du monde / des autres / de soi-même.

Ce dont on ne se rend pas forcément compte au départ, c’est qu’aller à la rencontre d’une nouvelle culture, c’est en réalité se confronter à soi-même.

Le choc dans les phases de l'adaptation a un autre pays

Baigner dans une nouvelle culture pousse finalement à la comparaison entre nos comportements et ceux des autres.

On va alors faire face à la manière de penser et d’agir que notre propre environnement nous a inculqués, sans que l’on s’en rende forcément compte, dès la naissance. Cela peut être très perturbant au début, en particulier lorsque l’on ne s’y attend pas.

Il n’est pas rare de ressentir un stress intense, avec de nombreux doutes et ruminations qui viennent nous polluer l’esprit. Cela peut également impacter sur notre sommeil, entrainant ainsi des phases de fatigue parfois intenses.

Pour en savoir plus sur cette angoisse qui peut être vécue, je te conseille cet article. Cette période de confrontation va être plus ou moins longue en fonction des personnes.

Bien que cela ne soit pas une phase agréable par laquelle passer, elle est très importante dans la manière dont le voyage va t’impacter par la suite.

B. Pourquoi cette phase de l’adaptation est-elle importante ?

La phase de confrontation invite à prendre un temps pour se recentrer sur soi.

Le choc culturel remet en question notre identité : les comportements que l’on a intégrés, qui l’on est, comment est notre rapport aux autres.

Cela peut amener beaucoup de confusion, d’où le doute, la solitude et la désorientation qu’on peut ressentir lors de cette phase.\

C’est désagréable, et pourtant, c’est en réussissant à sortir de cette phase que l’on pourra le plus avancer sur nous-même. Il est facile de ressentir cette étape de confrontation lors d’une expatriation.

Cependant, cette phase est beaucoup plus difficile à voir lorsque l’on voyage en sac à dos. Lorsque cela arrive, les voyageurs en sac à dos ont le choix de partir du pays.

Généralement, cela va se montrer par une baisse de motivation. Les personnes vont se dire que le pays n’a plus rien à leur apporter, et décider de partir.

Cela amène un tout autre problème : la recherche constante de dopamine. Ce type de personnes va passer d’un pays à un autre, et rester perpétuellement dans la phase d’euphorie.

En réalité, sur le long terme, cela n’est pas tenable. Cela ne permet pas non plus d’avoir l’expérience réelle du pays dans lequel tu te trouves, car, finalement, tu n’en vois que les bons côtés.

Fais bien attention à cela lors de tes voyages ! Tu ne pourras pas fuir éternellement.


3ᵉ et 4ᵉ phase de l’adaptation : L’ajustement et l’acceptation


On rentre maintenant dans la phase finale de l’adaptation dans un pays étranger. Comment sort-on de cette phase de confrontation ? Quels changements sont opérés en nous a ce moment-la ?

A. L’introspection pour aider à s’ajuster à l’étranger

Femme qui médite sur son voyage

C’est en acceptant de faire un travail d’introspection qu’une personne pourra accéder à la 3ème phase : l’ajustement.

Pour se faire, se comparer à l’autre et accepter la différence sera nécessaire.

Ici, l’individu aura réussi à accéder à un compromis entre l’excitation ressentie lors de l’arrivée et la désorientation causée par le choc culturel.

Dans ce cas de figure, on va avoir des personnes qui s’ouvrent à la nouvelle culture dans laquelle ils se trouvent : apprentissage de la langue, interaction avec les locaux…

Il peut y avoir encore quelques difficultés d’ajustement, mais, cette fois-ci, ces dernières ne sont pas vues comme insurmontables.

La mentalité change : « il y a des choses encore difficiles, mais je peux les surmonter. Je trouve plaisir dans d’autres choses, je ne suis pas dans le rejet de ce nouvel endroit ».

Ces personnes vont être plus enclines à la découverte des tenants et aboutissants de la nouvelle culture. L’environnement extérieur n’est plus vu comme un danger.

Pour t’aider à favoriser ces moments d’introspection, tu peux :

  • Pratiquer la méditation en pleine conscience
  • Te balader dans la nature
  • Prendre un temps pour écrire ce qui te traverse l’esprit
  • Faire du dessin / de la peinture

Dans la phase d’ajustement, tu vivras des hauts et des bas. Parfois, tu te réveilleras en te disant que tout va bien maintenant. D’autres jours, un événement va de nouveau te bouleverser et ton moral va retomber.

C’est tout à fait normal. Cela fait partie du processus. Sans t’en rendre compte, tu t’en remettras de plus en plus rapidement.

B. S’adapter pleinement à notre nouvelle vie

Dans la phase d’ajustement, on apprend à accepter notre situation telle qu’elle est.

Si cette acceptation continue à faire son chemin, on arrive donc dans la 4ème phase : l’adaptation.

Ici, on va observer un changement complet de la vision de soi et de son environnement.

L’individu va mettre en place diverses stratégies d’adaptation afin de pouvoir s’intégrer pleinement dans le nouveau pays.

L'acceptation pour s'adapter dans une autre culture

Les coutumes de la nouvelle culture sont intégrées et acceptées simplement comme une autre manière de vivre sa vie.

Il est beaucoup plus facile d’interagir avec l’environnement extérieur. La personne va prendre du plaisir à se trouver dans ce nouveau pays, et pourra même avoir des difficultés à retourner dans son pays d’origine.

Il est important à noter que dans cette dernière phase, ce n’est pas l’environnement qui a fait changer l’humeur de l’individu, mais bien lui-même.

En changeant son attitude envers ce nouveau pays, en étant ouvert et en acceptant les différences qu’il a pu rencontrer, il devient alors beaucoup plus simple de s’acclimater.

Dans cette phase, une part de l’identité de la personne concernée s’est modifiée. Il y a maintenant une nouvelle culture qui co-existe avec celle qui était déjà là. Cela permet d’avoir une vision plus agrandie du monde et de soi-même.

Ce qu’il faut retenir

Chaque voyageur/expatrié va passer par 4 phases :

1 : Lune de miel ==> excitation du début de voyage                           
2 : Confrontation ==> Choc culturel + désillusion                           
3 : Ajustement ==> Compromis entre euphorie vs choc                           
4 : Adaptation ==> Acceptation des différences + intégration dans la nouvelle culture.

Pour sortir de la phase de confrontation, une remise en question de soi et de la culture qu’on a intégrée depuis notre naissance est nécessaire. Grâce à un travail d’introspection, on peut dépasser le choc initial et commencer à s’intégrer pleinement.

Conclusion

  Ces phases, je les connais bien, car je les ai moi-même expérimenté. C’est une expérience universelle que chaque voyageur et chaque expatrié vont expérimenter plus ou moins consciemment.

Alors, oui, le voyage, c’est loin d’être une expérience parfaite ou tout se passera bien. Il y aura des instants de joie intense, mais aussi de tristesse immense, des moments ou on n’est pas sur de ce que l’on ressent, de la remise en question, des découvertes…

C’est si riche et tellement pratique pour en connaître plus sur nous-même !

Il peut être difficile de vivre seul.e tous ces moments de montagne russe. Sache que tu n’as pas à rester dans ta solitude et dans tes pensées négatives.

Mon travail est de pouvoir t’accompagner dans ces différentes étapes pour que tu puisses comprendre ce qui se passe et t’épanouir pleinement. Cela t’intéresse ? Alors, réserve une séance découverte !